De nombreuses communautés partout au Canada disposent d’un plan de prévention du crime, de sécurité communautaire ou de sécurité et de bien-être communautaires, et cherchent à déterminer comment mesurer les progrès et les résultats au fil du temps. Le suivi des indicateurs de sécurité et l’évaluation d’initiatives multisectorielles complexes ne sont pas aussi simples que l’évaluation d’un programme unique. La sécurité et le bien-être communautaires sont influencés par de nombreux facteurs interconnectés aux niveaux individuel, familial, communautaire et systémique. Les taux de criminalité signalés par la police ne représentent qu’une petite partie du portrait et ne reflètent pas l’ensemble de la situation.
Le projet a été dirigé par le Centre canadien pour des communautés plus sûres (CCFSC) et s’inspire du programme mondial Urban Safety Monitor (USM) soutenu par ONU-Habitat. Le CCFSC a travaillé avec 10 municipalités de sites pilotes à travers le Canada et a bénéficié de l’appui de partenaires consultatifs autochtones, nationaux et internationaux.
Consultez cette page pour en savoir plus sur le contexte du projet, et voyez ci-dessous les conseillers du projet et les sites pilotes.
Dans les communautés partout au pays, divers partenaires — notamment des leaders sectoriels, des praticiens locaux, des partenaires communautaires, des citoyens engagés, du personnel gouvernemental et des élus — travaillent de plus en plus ensemble pour soutenir la sécurité communautaire de manière interconnectée. Les causes profondes et les déterminants sociaux de la sécurité sont de plus en plus reconnus à l’échelle internationale et au Canada, faisant écho au mouvement antérieur portant sur les déterminants sociaux de la santé.
On reconnaît de plus en plus que des défis intersectionnels — notamment la pauvreté, le racisme, la discrimination, les traumatismes intergénérationnels et les effets durables du colonialisme — entraînent des inégalités et une surreprésentation des peuples autochtones et d’autres populations racisées dans le système de justice pénale. Bon nombre des grands systèmes mis en place pour traiter les questions de criminalité et de sécurité — y compris le système de justice pénale (police, tribunaux, services correctionnels) — ne visent pas à s’attaquer aux causes profondes ni à améliorer les conditions sous-jacentes à la sécurité.
Pour améliorer véritablement la sécurité, les communautés ont besoin de stratégies qui favorisent l’équité, la prévention précoce, des interventions ciblées et des réponses centrées sur les personnes. Cela signifie que les objectifs liés à la sécurité et au bien-être communautaires sont vastes, tout comme les indicateurs qui y sont associés.
Soutient la prise de décisions éclairées concernant l’orientation de l’initiative, ses priorités, ses actions et l’allocation des ressources.
Permet de repérer les bonnes pratiques et les aspects à améliorer, et encourage les ajustements en cours de route afin de s’assurer que l’initiative répond aux besoins de la communauté et atteint les résultats visés.
Permet de s’assurer que l’initiative et ses partenaires rendent compte à la communauté et aux personnes qui y investissent du temps et des ressources, en fournissant des preuves d’impact et en favorisant la transparence dans la gestion de l’initiative.
Offre l’occasion de reconnaître et de célébrer de façon concrète les réussites, l’énergie et les ressources investies, et contribue à maintenir la motivation pour poursuivre les efforts.
Aide à démontrer les résultats qui peuvent soutenir la pérennité de l’initiative et met en évidence les facteurs qui contribuent au succès afin que les investissements puissent continuer d’être réalisés aux bons endroits.
La sécurité existe lorsqu’il n’y a aucune menace au bien-être mental, physique, spirituel ou émotionnel.
Cette définition de la sécurité a été coélaborée avec plusieurs membres de communautés autochtones lors de 10 cercles de partage et de 5 entrevues menés dans le cadre du projet CUSM. Les participants ont été invités à définir la sécurité dans leurs propres mots, plusieurs s’appuyant sur les quatre dimensions du bien-être représentées par la roue de médecine. Cette définition a ensuite servi à éclairer des discussions plus larges sur les indicateurs à ajouter ou à adapter dans les résultats du projet.
Exemples d’indicateurs pour chacune des dimensions de la roue de médecine :
Le soutien communautaire est ressorti comme un élément fondamental de la sécurité. Les participants ont décrit la sécurité comme découlant de relations solides, de l’entraide et des gestes quotidiens par lesquels les gens veillent les uns sur les autres (p. ex., aider les voisins, vigilance informelle).
Exemple de mesure : Confiance envers les voisins
Les participants ont identifié les valeurs traditionnelles, les pratiques culturelles et les langues autochtones comme étant à la fois des forces et des domaines nécessitant une revitalisation. Les personnes ont indiqué se sentir le plus en sécurité lorsqu’elles peuvent pratiquer leur culture, vivre selon leurs valeurs et parler leurs langues sans obstacles.
Exemple de mesure : Participation à des activités culturelles traditionnelles et aux modes de vie traditionnels
Les expériences avec les services policiers, les tribunaux et l’incarcération ont été mentionnées comme des facteurs importants contribuant au sentiment d’insécurité. Plusieurs participants ont décrit une profonde méfiance envers ces institutions, façonnée par des expériences historiques et personnelles.
Exemple de mesure : Confiance envers la police
Le racisme et la discrimination ont été fréquemment décrits dans la vie quotidienne, dans les services de santé, l’éducation et d’autres institutions. Ces expériences ont été associées à des impacts émotionnels et psychologiques.
Exemple de mesure : Détresse psychologique liée à une exposition au racisme ou à l’agression au cours de la dernière année
Au sein de ces trois domaines principaux, on retrouve de nombreux sous-domaines ainsi qu’une vaste liste d’indicateurs, chacun accompagné de mesures et de points de données spécifiques pouvant être utilisés. Par exemple :
| Domaine principal | Sous-domaine | Indicateur | Exemples de mesures |
|---|---|---|---|
| Criminalisation, victimisation et justice | Sécurité personnelle | Perception de la sécurité |
|
| Vitalité communautaire | Droits de la personne et besoins fondamentaux | Logement |
|
| Gouvernance et changement systémique | Sécurité politique et communautaire | Collaboration multisectorielle |
|
Répondant aux besoins fondamentaux, en respectant les droits de la personne et en s’attaquant aux inégalités
Soutenant le développement positif et des relations saines
Favorisant les liens communautaires et la résilience
Renforcent la gouvernance et l’orientation commune autour des résultats souhaités
Plac ent la réconciliation, l’inclusion et la diversité au centre des actions
Accordent la priorité aux pratiques fondées sur des données probantes et à l’apprentissage continu
Permettent des investissements ciblés, pertinents et durables
Réduction de la criminalisation, de la victimisation, de la violence et de l’insécurité
Amélioration de la santé et de la sécurité communautaires
Augmentation du sentiment de sécurité
Réduction du recours aux systèmes de justice
Des systèmes plus efficaces et moins coûteux
Des retombées sociales et économiques accrues
Une vitalité communautaire renforcée
La sécurité devient atteignable et durable
Les systèmes maintiennent les améliorations du bien-être et de la vitalité
Comme chaque communauté dispose de ressources limitées et ne peut pas toujours inclure plus de 30 indicateurs et plus de 200 mesures dans ses plans de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB), il est important de mettre en évidence les indicateurs que les conseillers considèrent comme les plus importants pour ce travail. En se fondant sur les années d’expérience du CCFSC dans le travail de sécurité communautaire à l’échelle locale au Canada, ainsi que sur les conseils et contributions des conseillers et des sites pilotes du projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS, des indicateurs clés ont été identifiés dans l’outil Explorateur et personnalisateur d’indicateurs (également présentés ici).
Il existe plusieurs outils fondamentaux qui permettent de décrire, de manière simplifiée, les nombreux éléments complexes d’une initiative, ce qui peut grandement faciliter la planification. Les modèles logiques et les théories du changement sont tous deux d’excellents outils pour orienter la conception des programmes, la planification, l’apprentissage, l’évaluation et la responsabilisation. Ces outils sont extrêmement complémentaires, et toute initiative peut bénéficier de l’un ou des deux.
Quand l’utiliser :
Idéal pour représenter des enchaînements linéaires où une seule séquence simple suffit. La logique causale est implicite plutôt que pleinement théorisée. Souvent considéré comme un bon point de départ.
Quand l’utiliser :
Approprié pour des changements complexes, à plusieurs niveaux ou non linéaires, particulièrement lorsqu’il s’agit de soutenir la réflexion stratégique.
Pour en savoir plus sur ces outils, consultez cette page.
De façon générale, les stratégies de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB) à travers le Canada visent des résultats de haut niveau similaires à court, moyen et long terme. Ceux-ci peuvent servir de point de départ pour élaborer un modèle logique ou une théorie du changement, en y ajoutant des éléments propres aux priorités et aux actions locales en matière de CSWB.
Il existe trois principaux types de données qui devraient être inclus dans l’évaluation communautaire, le suivi et l’évaluation de la sécurité communautaire. Pour les communautés ayant une plus grande capacité ou qui sont plus avancées dans leur démarche de production de données probantes, survolez le diagramme pour explorer des exemples de données aux intersections de ces catégories.
Ces données peuvent être recueillies à l’aide d’une combinaison de différentes méthodes. Dans le cadre du suivi et de l’évaluation fondés sur la communauté, l’utilisation d’un mélange de méthodes de collecte de données quantitatives et qualitatives est considérée comme une pratique exemplaire.
La collecte, le partage et l’utilisation des données dans le cadre du travail de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB) se heurtent souvent à des obstacles pratiques et éthiques, notamment en ce qui concerne la capacité, la propriété des données, la protection de la vie privée, la qualité des données et la manière dont les résultats sont utilisés. Le tableau ci-dessous résume certains défis courants observés dans les communautés ainsi que quelques exemples de solutions pratiques permettant de faire progresser le travail tout en plaçant les bénéfices pour la communauté, la sécurité culturelle et la qualité des données probantes au centre des préoccupations.
Parcourez le tableau pour repérer les enjeux auxquels vous faites face et identifier les actions immédiates ou les pratiques à plus long terme vers lesquelles vous pourriez progresser.
| Thème des données | Défis courants | Solutions courantes |
|---|---|---|
| Capacité humaine et financière |
|
|
| Propriété des données |
|
|
| Protection de la vie privée |
|
|
| Gestion des données et responsabilité |
|
|
| Qualité des données |
|
|
| Utilisation des données et communication des résultats |
|
|
En s’appuyant sur ces considérations, voici quelques modèles qui peuvent aider à surmonter certains de ces défis liés aux données.
Cette section fournit des orientations pratiques pour les communautés prêtes à aller au-delà d’approches légères et à commencer l’élaboration d’un plan de suivi et d’évaluation (S&E) plus structuré pour leurs initiatives de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB). Chaque composante peut être adaptée en fonction de la capacité locale, du contexte et des priorités.
Un plan de suivi et d’évaluation (S&E) est un court document qui décrit ce que vous souhaitez apprendre, comment vous mesurerez les progrès et comment les résultats seront utilisés pour renforcer les stratégies de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB). Il aide les partenaires à rester alignés, clarifie les attentes et favorise un apprentissage éthique, transparent et systématique. Un bon plan de S&E comprend :
Les plans de S&E doivent être concis, pratiques et faciles à mettre à jour à mesure que le travail évolue.
| Type de question | Objectif | Exemples axés sur la CSWB |
|---|---|---|
| Questions de suivi | Suivre les activités, les extrants et la portée afin de comprendre ce qui se passe en temps réel. |
|
| Questions d’évaluation des processus | Examiner comment le travail est réalisé et si la mise en œuvre se déroule comme prévu, avec la qualité attendue. |
|
| Questions d’évaluation des résultats | Évaluer les changements à court ou moyen terme pour les individus, les organisations ou les communautés. |
|
| Questions d’évaluation de l’impact | Explorer les changements à plus long terme au niveau des systèmes, en lien avec les objectifs de la CSWB. |
|
| Questions d’évaluation des coûts / de l’efficacité | Comprendre si les ressources sont utilisées de manière efficace et proportionnée. |
|
Indicateurs phares — Un petit ensemble d’indicateurs à forte valeur ajoutée identifiés par une communauté pour refléter au mieux ses principales priorités en matière de CSWB. Ces indicateurs doivent être significatifs pour les partenaires communautaires et les décideurs, tout en étant faisables et fiables à suivre à court terme.
Il existe plusieurs façons d’élaborer des cadres de développement des données, selon les besoins de votre équipe ou de votre projet. Voir les exemples ci-dessous.
| Thème / priorité CSWB | Sous-thème | Indicateur | Disponibilité des données | Mesure | Définition de la mesure | Disponibilité au niveau de la population | Disponibilité au niveau local | Fréquence de collecte des données | Personne / équipe responsable | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Vitalité communautaire | Logement | |||||||||
| Soins de santé | ||||||||||
| Éducation |
Une communication claire et éthique permet de s’assurer que les résultats du suivi et de l’évaluation sont compris, crédibles et utilisés pour soutenir le changement. Cette section propose des conseils pratiques et des outils pour partager les résultats avec les partenaires, les membres de la communauté et les décideurs, de manière à favoriser l’alignement, soutenir l’apprentissage et renforcer l’appropriation communautaire.
Partager les résultats entre partenaires et secteurs permet de comprendre ce qui fonctionne, où des ajustements sont nécessaires et comment prioriser les prochaines étapes. Un partage transparent et éthique favorise l’alignement et la coordination entre les équipes et garantit que les données probantes éclairent de façon significative la prise de décisions collectives.
Présentez les résultats dans des formats accessibles et ancrés dans les réalités culturelles, comme des récits, des tableaux de bord, des résumés visuels et des cartes interactives, afin de favoriser la confiance et de soutenir une participation significative.
Voir ci-dessous pour d’autres ressources liées aux communications :
| Format | Description |
|---|---|
| Récits |
|
| Tableaux de bord |
|
| Cartes interactives |
|
| Fiches d’information d’une page |
|
|
Résumés visuels (infographies, graphiques, cartes) |
|
| Rapports techniques |
|
Cet outil est conçu pour aider à élaborer un plan de suivi et d’évaluation qui soutient l’apprentissage continu et l’amélioration en matière de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB). Une approche à méthodes mixtes, combinant des données quantitatives et qualitatives, est recommandée.
Les communautés sont encouragées à tirer parti des données déjà disponibles aux niveaux régional, provincial ou national, et à explorer la collecte locale d’autres mesures au moyen de démarches de mobilisation, de sondages, des données administratives des partenaires et de méthodes fondées sur les récits.