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Boîte à outils de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine

Aider les communautés partout au Canada à mesurer la sécurité et le bien-être à l’échelle locale

…tout en tenant compte de toutes les complexités que cela implique

De nombreuses communautés partout au Canada disposent d’un plan de prévention du crime, de sécurité communautaire ou de sécurité et de bien-être communautaires, et cherchent à déterminer comment mesurer les progrès et les résultats au fil du temps. Le suivi des indicateurs de sécurité et l’évaluation d’initiatives multisectorielles complexes ne sont pas aussi simples que l’évaluation d’un programme unique. La sécurité et le bien-être communautaires sont influencés par de nombreux facteurs interconnectés aux niveaux individuel, familial, communautaire et systémique. Les taux de criminalité signalés par la police ne représentent qu’une petite partie du portrait et ne reflètent pas l’ensemble de la situation.

Ainsi, les communautés se posent les questions suivantes :

En réponse à cette complexité, le projet de suivi de la sécurité communautaire et urbaine (2023-2026) a réuni des partenaires de différents secteurs afin d’explorer ces questions et de contribuer à la conception de cette boîte à outils. Cette boîte à outils s’adresse aux praticiens locaux et vise à aider les communautés à :

Le projet a été dirigé par le Centre canadien pour des communautés plus sûres (CCFSC) et s’inspire du programme mondial Urban Safety Monitor (USM) soutenu par ONU-Habitat. Le CCFSC a travaillé avec 10 municipalités de sites pilotes à travers le Canada et a bénéficié de l’appui de partenaires consultatifs autochtones, nationaux et internationaux.

Consultez cette page pour en savoir plus sur le contexte du projet, et voyez ci-dessous les conseillers du projet et les sites pilotes.

Sites pilotes du CUSM

  1. Halifax (N.-É.)

  2. Kelowna (C.-B.)

  3. Edmonton (Alb.)

  4. Williams Lake (C.-B.)

  5. Région de Niagara (Ont.)

  6. Brantford (Ont.)

  7. Sudbury (Ont.)

  8. Région de Durham (Ont.)

  9. Terrebonne (Qc)

  10. Montréal (Qc)

  • Alexandra Abello Colak (Chercheuse associée) – London School of Economics and Political Science (R.-U.)
  • Amy Siciliano (Conseillère en sécurité publique) – Municipalité régionale d’Halifax
  • Angela Vallely (Conseillère principale en politiques) – Initiative de planification de la sécurité des communautés autochtones – Sécurité publique Canada
  • Ann Champoux (Directrice générale) – Centre international pour la prévention de la criminalité
  • Ann Marie Beals (Professeure adjointe) – Université Wilfrid Laurier
  • Anna Rau (Directrice générale) – Forum germano-européen pour la sécurité urbaine
  • Asma Kaouech (Gestionnaire de programme) – Forum européen pour la sécurité urbaine
  • Brooke Wharton (Directrice générale par intérim) – Cities Revitalisation and Place, Cities and Active Transport (Australie)
  • Emma de Villiers – Fixed Africa (Afrique du Sud)
  • Barbara Holtman – Fixed Africa (Afrique du Sud)
  • Humera Khan (Présidente et cofondatrice) – Muflehun
  • Irvin Waller (Professeur émérite) – Université d’Ottawa
  • Johannes (Joop) De Haan (Agent de prévention du crime et de justice pénale) – UNODC
  • John Anzola Morales (Conseiller) – Coexistence et justice de Bogotá, Secrétariat de la sécurité (Colombie)
  • Macarena Rau Vargas (Présidente) – International CPTED Association
  • Nomusa Shembe (Gestionnaire principale) – Municipalité d’eThekwini (Afrique du Sud)
  • Rachel Locke (Directrice) – Violence, Inequality and Power Lab & Peace in Our Cities (É.-U.)
  • Santiago Uribe (Directeur général) – Corporación Oficina de Resiliencia de Medellín (Colombie)
  • Shamoy Hajare (Agente de gestion de programme) – Unité des droits de la personne et de l’inclusion sociale, Division mondiale du savoir et du plaidoyer (GKAD), ONU-Habitat

Pourquoi cela importe

Dans les communautés partout au pays, divers partenaires — notamment des leaders sectoriels, des praticiens locaux, des partenaires communautaires, des citoyens engagés, du personnel gouvernemental et des élus — travaillent de plus en plus ensemble pour soutenir la sécurité communautaire de manière interconnectée. Les causes profondes et les déterminants sociaux de la sécurité sont de plus en plus reconnus à l’échelle internationale et au Canada, faisant écho au mouvement antérieur portant sur les déterminants sociaux de la santé.

On reconnaît de plus en plus que des défis intersectionnels — notamment la pauvreté, le racisme, la discrimination, les traumatismes intergénérationnels et les effets durables du colonialisme — entraînent des inégalités et une surreprésentation des peuples autochtones et d’autres populations racisées dans le système de justice pénale. Bon nombre des grands systèmes mis en place pour traiter les questions de criminalité et de sécurité — y compris le système de justice pénale (police, tribunaux, services correctionnels) — ne visent pas à s’attaquer aux causes profondes ni à améliorer les conditions sous-jacentes à la sécurité.

Pour améliorer véritablement la sécurité, les communautés ont besoin de stratégies qui favorisent l’équité, la prévention précoce, des interventions ciblées et des réponses centrées sur les personnes. Cela signifie que les objectifs liés à la sécurité et au bien-être communautaires sont vastes, tout comme les indicateurs qui y sont associés.

Bien que les statistiques sur la criminalité signalée par la police puissent fournir certaines informations, la sécurité communautaire englobe bien plus que cela. Le suivi et l’évaluation des initiatives de sécurité communautaire à l’aide d’un éventail d’indicateurs favorisent une prise de décision éclairée par les données probantes, une amélioration continue des actions, une responsabilisation face aux changements, la célébration et reconnaissance des réussites, ainsi que la durabilité.

La sécurité communautaire par le bien-être consiste à renforcer des conditions équitables qui réduisent les causes profondes des préjudices, tout en assurant un soutien coordonné des systèmes lorsque des préjudices surviennent.

Pourquoi le suivi et l’évaluation sont importants

Prise de décision éclairée par les données probantes
  • Soutient la prise de décisions éclairées concernant l’orientation de l’initiative, ses priorités, ses actions et l’allocation des ressources.

  • Permet de repérer les bonnes pratiques et les aspects à améliorer, et encourage les ajustements en cours de route afin de s’assurer que l’initiative répond aux besoins de la communauté et atteint les résultats visés.

  • Permet de s’assurer que l’initiative et ses partenaires rendent compte à la communauté et aux personnes qui y investissent du temps et des ressources, en fournissant des preuves d’impact et en favorisant la transparence dans la gestion de l’initiative.

  • Offre l’occasion de reconnaître et de célébrer de façon concrète les réussites, l’énergie et les ressources investies, et contribue à maintenir la motivation pour poursuivre les efforts.

  • Aide à démontrer les résultats qui peuvent soutenir la pérennité de l’initiative et met en évidence les facteurs qui contribuent au succès afin que les investissements puissent continuer d’être réalisés aux bons endroits.

Suivi et évaluation

Monitoring Evaluation Graphic FR
La planification de la sécurité communautaire éclairée par les données probantes suit généralement quatre phases principales, toutes appuyées par une collaboration multisectorielle locale. Au CCFSC, nous appelons ces phases :
  • Évaluation communautaire
  • Priorisation et planification des actions
  • Mise en œuvre, et
  • Suivi et évaluation.
Trop souvent, le suivi et l’évaluation sont envisagés après coup. Cette boîte à outils vise à placer le suivi et l’évaluation au premier plan et à promouvoir une réflexion évaluative à chaque étape. Le suivi est la collecte systématique d’information permettant de suivre l’évolution d’une intervention au fil du temps, souvent dans le cadre de la mesure du rendement. Le suivi sert généralement à :
  • Suivre si les activités sont mises en œuvre comme prévu
  • Repérer les enjeux émergents et soutenir des ajustements en temps réel
L’évaluation est une analyse plus approfondie et systématique de la conception, de la mise en œuvre ou des résultats d’une politique, d’un service ou d’un programme. L’évaluation sert à :
  • Comprendre ce qui fonctionne (et pourquoi) et cerner les aspects à améliorer
  • Soutenir l’apprentissage, la responsabilisation et les décisions futures en matière de politiques ou d’allocation des ressources
Il est important de noter que le travail réalisé durant la phase d’évaluation communautaire est également très pertinent pour le suivi et l’évaluation. L’évaluation communautaire consiste généralement à rassembler des données et de l’information existantes sur une communauté, ainsi qu’à mobiliser divers groupes afin d’explorer et de cerner les forces locales, les besoins et les lacunes. L’information recueillie durant cette phase d’évaluation communautaire devrait, lorsque pertinent, servir de données « de référence » sur l’état de la sécurité et sur les facteurs sous-jacents dans la communauté avant la mise en place d’une planification globale et collaborative. Ainsi, il est important de réfléchir aux indicateurs et aux mesures clés de la sécurité et de ses facteurs associés tant pour l’évaluation communautaire que pour le suivi et l’évaluation continus. Ensemble, l’évaluation communautaire, le suivi et l’évaluation offrent une image plus claire des progrès et des impacts, aidant les communautés à apprendre, à s’adapter, à célébrer leurs réussites et à s’améliorer au fil du temps. Pour en savoir plus sur la façon dont le CCFSC définit les termes liés au suivi et à l’évaluation, consultez notre page des définitions de la boîte à outils.

Quels sont les principaux indicateurs de la sécurité et du bien-être communautaires au Canada ?

Community safety and well-being are influenced by many interconnected factors associated with criminalization, violence, and disorder, including risk and protective factors at the individual, family, community, and system levels. To make this complexity easier to navigate, this toolkit organizes indicators into three core domains:
  1. Criminalization, Victimization & Justice
  2. Community Vitality
  3. Governance & System Change
These three domains create a systems level picture of safety, which correspond to the themes under the Urban Safety Monitor (USM) supported by UN-Habitat. These domains help communities focus on a balanced set of indicators that reflect root causes, equity, prevention, community context, and system performance. Together, the domains support communities to:
  • Highlight critical factors linked to safety and well-being
  • Focus local efforts on what matters most
  • Support meaningful monitoring and evaluation of outcomes and impact
  • Maintain consistency across regions while allowing for local tailoring
These indicators and their related measures were identified through a comprehensive review of existing indicator frameworks and datasets relevant to community safety. In addition, Indigenous perspectives were included throughout and within the core domains.

Définition autochtone de la sécurité :

La sécurité existe lorsqu’il n’y a aucune menace au bien-être mental, physique, spirituel ou émotionnel.

Indigenous Definition of Safety FR

Cette définition de la sécurité a été coélaborée avec plusieurs membres de communautés autochtones lors de 10 cercles de partage et de 5 entrevues menés dans le cadre du projet CUSM. Les participants ont été invités à définir la sécurité dans leurs propres mots, plusieurs s’appuyant sur les quatre dimensions du bien-être représentées par la roue de médecine. Cette définition a ensuite servi à éclairer des discussions plus larges sur les indicateurs à ajouter ou à adapter dans les résultats du projet.

Exemples d’indicateurs pour chacune des dimensions de la roue de médecine :

  • Mental : Accès à des services de santé mentale dirigés par des Autochtones
  • Physique : Accès à des soins de santé sans obstacles, services de santé autochtones, environnement physiquement sécuritaire
  • Émotionnel : Confiance envers les voisins, placement en protection de l’enfance
  • Spirituel : Accès à la culture, accès au territoire, participation à des cérémonies et activités spirituelles
  1. Soutien communautaire

Le soutien communautaire est ressorti comme un élément fondamental de la sécurité. Les participants ont décrit la sécurité comme découlant de relations solides, de l’entraide et des gestes quotidiens par lesquels les gens veillent les uns sur les autres (p. ex., aider les voisins, vigilance informelle).

Exemple de mesure : Confiance envers les voisins

  1. Valeurs et langues traditionnelles

Les participants ont identifié les valeurs traditionnelles, les pratiques culturelles et les langues autochtones comme étant à la fois des forces et des domaines nécessitant une revitalisation. Les personnes ont indiqué se sentir le plus en sécurité lorsqu’elles peuvent pratiquer leur culture, vivre selon leurs valeurs et parler leurs langues sans obstacles.

Exemple de mesure : Participation à des activités culturelles traditionnelles et aux modes de vie traditionnels

  1. Relations tendues avec le système de justice canadien

Les expériences avec les services policiers, les tribunaux et l’incarcération ont été mentionnées comme des facteurs importants contribuant au sentiment d’insécurité. Plusieurs participants ont décrit une profonde méfiance envers ces institutions, façonnée par des expériences historiques et personnelles.

Exemple de mesure : Confiance envers la police

  1. Expériences de racisme et de discrimination

Le racisme et la discrimination ont été fréquemment décrits dans la vie quotidienne, dans les services de santé, l’éducation et d’autres institutions. Ces expériences ont été associées à des impacts émotionnels et psychologiques.

Exemple de mesure : Détresse psychologique liée à une exposition au racisme ou à l’agression au cours de la dernière année

Au sein de ces trois domaines principaux, on retrouve de nombreux sous-domaines ainsi qu’une vaste liste d’indicateurs, chacun accompagné de mesures et de points de données spécifiques pouvant être utilisés. Par exemple :

Exemples de mesures pour des indicateurs clés

Domaine principal Sous-domaine Indicateur Exemples de mesures
Criminalisation, victimisation et justice Sécurité personnelle Perception de la sécurité
  • Perceptions de la sécurité face à la criminalité dans le quartier
  • Perceptions de la sécurité dans les écoles
Vitalité communautaire Droits de la personne et besoins fondamentaux Logement
  • Insécurité liée au logement
  • Difficultés liées au logement
  • Itinérance (nombre actuel, nombre chronique)
  • Prévention de l’itinérance (nombre de personnes ayant accès à des services de soutien)
  • Disponibilité des refuges
Gouvernance et changement systémique Sécurité politique et communautaire Collaboration multisectorielle
  • Niveau de participation des partenaires avant et après l’engagement
    • Nombre d’organismes impliqués dans diverses activités
    • Niveau d’engagement des partenaires
    • Nouveaux liens entre les partenaires
    • Nombre / types d’ententes formelles en place
  • État et efficacité continus de la collaboration locale
  • Perception des leaders communautaires quant aux compétences et au rendement en leadership collaboratif

Justification des indicateurs

The indicators and measures included in this toolkit were identified based on decades of research on effective community safety, CCFSC’s years of experience in local community safety work, as well as on the advice and input of the project’s advisors and pilot site representatives. The indicators and measures chosen for inclusion are based on the following rationale:

Des décennies de recherche au Canada, sur les territoires autochtones et ailleurs ont démontré que :

23 1
Des facteurs de risque et de protection existent à chaque niveau (individuel, familial, communautaire et systémique)
02 Vulnerability increases
La vulnérabilité augmente lorsque les facteurs de risque l’emportent sur les facteurs de protection

Si nous réalisons des investissements fondés sur des données probantes pour agir sur les facteurs de risque, renforcer les facteurs de protection et accroître la vitalité communautaire, en :

03 Meeting basic needs

Répondant aux besoins fondamentaux, en respectant les droits de la personne et en s’attaquant aux inégalités

04 Suporting Positive Development

Soutenant le développement positif et des relations saines

05 Fostering Community

Favorisant les liens communautaires et la résilience

Et si nous nous engageons dans des approches de collaboration multisectorielle qui :

09 make targetd investments

Renforcent la gouvernance et l’orientation commune autour des résultats souhaités

01 Risk and protective factors

Plac ent la réconciliation, l’inclusion et la diversité au centre des actions

06 Strong Governance

Accordent la priorité aux pratiques fondées sur des données probantes et à l’apprentissage continu

22 1

Permettent des investissements ciblés, pertinents et durables

Les communautés verront alors :

10 Less Criminalization

Réduction de la criminalisation, de la victimisation, de la violence et de l’insécurité

11 Increased Community health

Amélioration de la santé et de la sécurité communautaires

12 Increased feelings safety

Augmentation du sentiment de sécurité

Lorsque ces conditions sont réunies, les préjudices et les coûts associés à la criminalité et à la violence diminuent :

14 Systems become more efficient

Réduction du recours aux systèmes de justice

17

Des systèmes plus efficaces et moins coûteux

16

Des retombées sociales et économiques accrues

15 Greater Community vitality

Une vitalité communautaire renforcée

Si les systèmes et les secteurs travaillent ensemble et que des investissements durables adéquats sont réalisés :

08 Evidence Informed

La sécurité devient atteignable et durable

20

Les systèmes maintiennent les améliorations du bien-être et de la vitalité

Pour examiner ces indicateurs et leurs mesures plus en détail, consultez notre outil Explorateur et personnalisateur d’indicateurs! Cet outil présente une longue liste d’indicateurs clés liés à la sécurité et au bien-être communautaires, des exemples de mesures précises et de points de données pouvant être utilisés, ainsi que des sources de données existantes au Canada et d’autres méthodes pertinentes de collecte de données.

Indicateurs clés auxquels chaque communauté devrait porter attention

Comme chaque communauté dispose de ressources limitées et ne peut pas toujours inclure plus de 30 indicateurs et plus de 200 mesures dans ses plans de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB), il est important de mettre en évidence les indicateurs que les conseillers considèrent comme les plus importants pour ce travail. En se fondant sur les années d’expérience du CCFSC dans le travail de sécurité communautaire à l’échelle locale au Canada, ainsi que sur les conseils et contributions des conseillers et des sites pilotes du projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS, des indicateurs clés ont été identifiés dans l’outil Explorateur et personnalisateur d’indicateurs (également présentés ici).

Conseils et outils pour élaborer des plans de suivi et d’évaluation

Un suivi et une évaluation efficaces ne nécessitent pas des données parfaites ni des systèmes complexes. L’essentiel est de choisir des méthodes qui soient pertinentes, gérables et ancrées dans les besoins et l’expérience des communautés. Les conseils ci-dessous peuvent aider des communautés de toutes tailles à élaborer une approche de suivi et d’évaluation adaptée à leur capacité et qui favorise l’apprentissage continu.

Élaborer des modèles logiques et/ou des théories du changement

Il existe plusieurs outils fondamentaux qui permettent de décrire, de manière simplifiée, les nombreux éléments complexes d’une initiative, ce qui peut grandement faciliter la planification. Les modèles logiques et les théories du changement sont tous deux d’excellents outils pour orienter la conception des programmes, la planification, l’apprentissage, l’évaluation et la responsabilisation. Ces outils sont extrêmement complémentaires, et toute initiative peut bénéficier de l’un ou des deux.

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Modèle logique

Une liste structurée et simplifiée des éléments d’un programme, généralement présentée dans un tableau montrant la séquence linéaire intrants → activités → extrants → résultats. Elle résume ce que fait le programme et les résultats attendus.

Quand l’utiliser :

Idéal pour représenter des enchaînements linéaires où une seule séquence simple suffit. La logique causale est implicite plutôt que pleinement théorisée. Souvent considéré comme un bon point de départ.

ToC Icon

Théorie du changement

A visual description and (ideally) an accompanying written narrative that explains how and why a program is expected to achieve its intended outcomes. This helps visualize or describe the “causal chain,” and is supported by capturing other nuances, including underlying rationale/evidence, assumptions, and external factors.

Quand l’utiliser :

Approprié pour des changements complexes, à plusieurs niveaux ou non linéaires, particulièrement lorsqu’il s’agit de soutenir la réflexion stratégique.

Pour en savoir plus sur ces outils, consultez cette page.

De façon générale, les stratégies de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB) à travers le Canada visent des résultats de haut niveau similaires à court, moyen et long terme. Ceux-ci peuvent servir de point de départ pour élaborer un modèle logique ou une théorie du changement, en y ajoutant des éléments propres aux priorités et aux actions locales en matière de CSWB.

Résultats souhaités en matière de sécurité et de bien-être communautaires à court, moyen et long terme

Desired Outcomes FR

Combiner différents types de données

Il existe trois principaux types de données qui devraient être inclus dans l’évaluation communautaire, le suivi et l’évaluation de la sécurité communautaire. Pour les communautés ayant une plus grande capacité ou qui sont plus avancées dans leur démarche de production de données probantes, survolez le diagramme pour explorer des exemples de données aux intersections de ces catégories.

Ces données peuvent être recueillies à l’aide d’une combinaison de différentes méthodes. Dans le cadre du suivi et de l’évaluation fondés sur la communauté, l’utilisation d’un mélange de méthodes de collecte de données quantitatives et qualitatives est considérée comme une pratique exemplaire.

Avantages d’une approche à méthodes mixtes

Pour recueillir les différents types de données pertinentes pour la sécurité et le bien-être communautaires et obtenir un portrait complet du contexte local, il est préférable de combiner des méthodes de collecte de données quantitatives et qualitatives.
  • Données quantitatives : Informations consignées dans des unités normalisées qui permettent de compter, de mesurer ou d’effectuer des comparaisons ordonnées, telles que des nombres, des taux, des proportions, des échelles, des tendances dans le temps, des tableaux croisés, des corrélations, etc. Elles offrent une manière cohérente de suivre les changements au fil du temps, de comparer les résultats entre différentes populations et de se situer par rapport à des données régionales ou nationales.
  • Données qualitatives : Informations recueillies sous forme de mots, de récits, d’observations ou d’images qui éclairent le sens, le contexte et l’expérience. Elles apportent les nuances qui complètent et expliquent ce que montrent les données chiffrées. Elles peuvent être recueillies au moyen d’entrevues, de cercles de partage, de groupes de discussion, d’observation, de réponses ouvertes à des sondages, de récits, etc.
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  • Adéquation entre l’objectif et la méthode : Choisissez des approches qui correspondent à votre objectif et à votre capacité. Cela peut inclure le partage de données entre partenaires, des sondages, des cercles de partage, de brèves entrevues, des indicateurs locaux ou des notes réflexives du personnel.
  • Représentation et inclusion : Soyez clair quant aux personnes représentées (et à celles qui ne le sont pas). Utilisez des stratégies d’échantillonnage intentionnelles pour rejoindre les groupes prioritaires et vous assurer que les résultats reflètent la diversité des expériences communautaires.
  • Désagrégation : Lorsque cela est approprié et sécuritaire, ventilez les résultats (p. ex., âge, géographie, revenu, race/origine ethnique, handicap) afin de démontrer les tendances et de mettre en lumière les inégalités.
  • Fréquence et comparabilité : Établissez un calendrier indiquant à quel moment la collecte de données sera répétée et utilisez des définitions, des outils et des instruments cohérents afin que les résultats puissent être comparés au fil du temps et entre partenaires.
  • Triangulation et interprétation : Comparez les constats provenant de multiples sources de données afin de renforcer les conclusions, tout en veillant à ce que l’expérience vécue ne soit pas minimisée ou invalidée.
  • Documentation et soutiens : Consignez les sources, les instruments, les limites ainsi que les notes concernant vos approches d’analyse et/ou d’interprétation. Lors de la mobilisation de membres de la communauté, prévoyez les besoins d’accessibilité et de soutien, comme des honoraires, des services de garde, du transport, de la nourriture et de la traduction.
  • Révision : Lorsque possible, invitez les personnes ayant partagé leurs récits ou des représentants de la communauté à examiner le contenu avant sa diffusion publique.
  • Actualité des données et lacunes : Si les données à l’échelle de la population (p. ex., de Statistique Canada) sont trop peu fréquentes, envisagez de les compléter par des méthodes locales de collecte de données afin de combler ces lacunes.
Il existe une longue histoire de recherche extractive menée sur les peuples autochtones plutôt qu’avec eux. Cette histoire a engendré une méfiance et des réticences compréhensibles à l’égard des activités de recherche, de suivi et d’évaluation chez de nombreux peuples autochtones. Comme l’a écrit Linda Tuhiwai Smith (2012) : « Le mot lui-même, “recherche”, est probablement l’un des mots les plus chargés négativement dans le vocabulaire du monde autochtone. Lorsqu’il est mentionné dans de nombreux contextes autochtones, il provoque le silence, ravive de mauvais souvenirs et suscite un sourire à la fois complice et méfiant. » Cette histoire souligne l’importance de mener des démarches de production de données probantes avec les partenaires autochtones d’une manière respectueuse et appropriée. Wilson (2008) a identifié le respect, la réciprocité et la relationalité comme les trois piliers de la recherche autochtone. Des orientations récentes issues du rapport de l’événement Indigenous Evaluation: Bridging Perspectives de Sécurité publique Canada (2025) réaffirment ces mêmes priorités : mettre l’accent sur l’établissement de relations de confiance, une orientation menée par les communautés, une communication claire et des approches qui respectent la souveraineté et l’autodétermination des peuples autochtones. Vous trouverez ci-dessous quelques recommandations générales tirées de l’examen dirigé par des partenaires autochtones dans le cadre du projet CUSM, ainsi que des apprentissages plus larges du CCFSC dans son soutien au suivi et à l’évaluation avec des partenaires autochtones. Ces éléments sont également complétés par des enseignements qui s’alignent fortement avec les thèmes identifiés dans Indigenous Evaluations: Bridging Perspectives (2025). Conseils pratiques :
  • Préparez-vous à l’avance : Consultez des ressources sur le suivi et l’évaluation autochtones, la recherche et la souveraineté des données autochtones pertinentes pour la communauté avec laquelle vous travaillez. Consultez le chapitre 9 de l’Énoncé de politique des trois conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains (EPTC 2) pour un aperçu complet, ainsi que des cadres régionaux comme OCAP® pour les Premières Nations, la Stratégie nationale inuite sur la recherche (SNIR) pour les communautés inuites et les lignes directrices de gouvernance de la recherche et des données de la Nation métisse pour les communautés métisses. En cas de doute, demandez à la communauté quelles orientations s’appliquent.
  • Accordez la priorité à l’établissement de relations et partagez l’information de façon transparente : Travaillez, lorsque possible, par l’entremise de relations de confiance. Si aucune relation n’existe encore, présentez-vous brièvement et de manière transparente, notamment en expliquant comment vous avez été mis en relation. Indiquez toujours les bénéfices envisagés pour la communauté, la manière dont vous souhaitez bâtir la confiance et proposez de discuter de l’idée et des adaptations possibles.
  • Demandez la permission et des orientations : Communiquez tôt avec les dirigeants appropriés (p. ex., chefs, conseils de bande, Aînés, gardiens du savoir ou directeurs généraux d’organisations autochtones) afin de vous assurer que la démarche est bienvenue et de clarifier qui devrait être impliqué.
  • Harmonisez-vous avec la gouvernance des données autochtones propre à la communauté : Entendez-vous sur la propriété des données ou récits recueillis dans le cadre du projet, les modalités de stockage et d’accès, la manière dont la communauté peut corriger, restreindre ou retirer du contenu, ainsi que les autorisations pour toute utilisation publique. Consultez ci-dessous un exemple d’entente de partage des données.
  • Invitez à la co-conception et à la prise de décision partagée dès le départ : Lors de la première rencontre, prévoyez suffisamment de temps pour établir des relations et comprendre ou co-créer des objectifs communs, des priorités, des processus décisionnels, des limites et des préoccupations. Soyez ouvert à différents niveaux d’orientation et de rétroaction sur le processus (y compris des éléments comme les échéanciers, le lieu, l’animation et les options de consentement).
  • Expliquez votre positionnalité : Partagez comment votre parcours, votre rôle et vos hypothèses peuvent influencer le travail, et invitez des conseils sur la manière d’agir avec respect.
  • Soyez flexible et adaptez votre démarche : Évitez les approches rigides ou excessivement formelles; ajustez le rythme, la structure et les méthodes en fonction des orientations de la communauté.
  • Respectez les protocoles culturels : Demandez quelles pratiques doivent être observées (p. ex., offrandes de tabac, purification par la fumée) et comment ouvrir et clôturer les rencontres de manière respectueuse.
  • Évitez les généralisations pan-autochtones : Reconnaissez que chaque nation, communauté ou organisation autochtone possède ses propres protocoles et attentes; cherchez toujours des orientations adaptées à la communauté spécifique.
  • Coanimez lorsque possible : Collaborez avec un membre de la communauté de confiance pour guider les discussions et vous assurer que le processus est sécuritaire et ancré dans le contexte local.
  • Demandez quels aliments et boissons sont appropriés : Offrir des rafraîchissements est un geste de respect et de réciprocité; les types d’aliments et leur préparation peuvent avoir une signification culturelle, il est donc préférable de demander d’abord.
  • Offrez des honoraires significatifs : Reconnaissez le temps, les connaissances et l’expertise par des honoraires ou des cadeaux appropriés, conformément aux orientations de la communauté.
  • Offrez des options de consentement flexibles : Proposez un consentement oral ou écrit et considérez le consentement comme un processus continu. Consultez ci-dessous / ici un exemple de formulaire de consentement (à confirmer).
  • Favorisez un environnement sûr et confortable, en tenant compte des dynamiques de pouvoir :
    • Lieu : Choisissez un endroit familier et confortable.
    • Participants : Assurez-vous que les personnes présentes peuvent s’exprimer en toute sécurité avec les autres participants; adaptez la structure ou prévoyez des sous-groupes au besoin.
    • Processus : Évitez les étapes trop formelles ou bureaucratiques; demeurez adaptable.
    • Présentation : Adoptez une tenue décontractée et prenez le temps de créer un véritable lien.
  • Maintenez une communication ouverte : Partagez vos coordonnées et invitez les questions ou préoccupations après la rencontre.
  • Retournez les résultats à la communauté : Partagez les résultats dans des formats accessibles et convenus, et invitez la communauté à les examiner ou à les approuver avant toute finalisation ou publication. Confirmez où les résultats seront conservés, comment les commentaires seront intégrés et quelles limites s’appliquent à leur utilisation future.

La collecte, le partage et l’utilisation des données dans le cadre du travail de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB) se heurtent souvent à des obstacles pratiques et éthiques, notamment en ce qui concerne la capacité, la propriété des données, la protection de la vie privée, la qualité des données et la manière dont les résultats sont utilisés. Le tableau ci-dessous résume certains défis courants observés dans les communautés ainsi que quelques exemples de solutions pratiques permettant de faire progresser le travail tout en plaçant les bénéfices pour la communauté, la sécurité culturelle et la qualité des données probantes au centre des préoccupations.

Parcourez le tableau pour repérer les enjeux auxquels vous faites face et identifier les actions immédiates ou les pratiques à plus long terme vers lesquelles vous pourriez progresser.

Thème des données Défis courants Solutions courantes
Capacité humaine et financière
  • Niveaux inégaux de personnel, de compétences, de ressources et de capacité technologique
  • Capacité variable à participer au travail lié aux données
  • Des besoins culturels, de communication ou d’accessibilité différents peuvent limiter la participation sécuritaire et confortable
  • Encourager des rôles de leadership pour les partenaires ayant une plus grande capacité
  • Offrir un soutien supplémentaire aux partenaires ayant une capacité plus limitée
  • Tirer parti de l’expertise interne et externe (p. ex., détachement de personnel, partenariats)
  • Utiliser des services partagés (p. ex., cofinancer un analyste de données)
  • Offrir des mesures de soutien facilitantes (traduction, compensation, transport, accessibilité)
Propriété des données
  • Préoccupations ou manque de clarté concernant l’accès aux données, leur propriété et leur contrôle
  • Tensions concernant les usages permis
  • Établir des ententes précoces et des accords formels de partage des données
  • Clarifier la propriété des données et les normes de gouvernance collective
  • S’assurer que les partenaires comprennent comment les données seront utilisées et qui en bénéficiera
  • Respecter la responsabilisation relationnelle
  • Permettre un accès partagé pour soutenir la prise de décision fondée sur des données probantes
Protection de la vie privée
  • S’assurer que les renseignements personnels sont protégés
  • Risque de divulgation de données identifiables
  • Cadres juridiques et éthiques complexes
  • Limiter l’utilisation des données au niveau individuel lorsque possible
  • Adopter des protocoles explicites de protection de la vie privée et de désidentification
  • Utiliser par défaut des méthodes préservant la confidentialité
  • Mettre en place des processus de consentement clairs et culturellement pertinents
  • Renforcer les capacités concernant les cadres juridiques et éthiques
Gestion des données et responsabilité
  • Préoccupations liées à la responsabilité
  • Risques associés au transfert et au stockage des données
  • Renforcer les capacités en matière de gouvernance des données
  • Documenter les approches de gouvernance
  • Clarifier les rôles et les mécanismes de protection dans les ententes
  • Tenir compte des risques sociaux et culturels dans les processus de consentement
  • S’assurer que les procédures de retrait et de responsabilité sont clairement définies
Qualité des données
  • Préoccupations concernant l’exactitude et la fiabilité
  • Risque de mauvaise représentation de l’expérience vécue
  • Difficulté à distinguer les conclusions liées au système de celles liées aux individus
  • Créer un dictionnaire de données partagé
  • Documenter les procédures d’assurance de la qualité
  • Intégrer des vérifications de qualité tout au long du cycle de production des rapports
  • Trianguler les informations provenant de différentes sources de données
  • Faire preuve de transparence quant aux méthodes de compilation et d’intégration
Utilisation des données et communication des résultats
  • Différences d’interprétation
  • La communication des risques peut causer des torts ou des représentations inexactes
  • Tensions entre objectifs politiques et objectifs communautaires
  • Utiliser des pratiques sensibles aux traumatismes et culturellement sécuritaires
  • Définir à l’avance les attentes concernant les livrables et les cycles de révision
  • Partager les résultats préliminaires avec les partenaires
  • Faciliter une interprétation collaborative des résultats
  • Inviter les participants ou la communauté à examiner les résultats

En s’appuyant sur ces considérations, voici quelques modèles qui peuvent aider à surmonter certains de ces défis liés aux données.

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Élaborer un plan de suivi et d’évaluation

Cette section fournit des orientations pratiques pour les communautés prêtes à aller au-delà d’approches légères et à commencer l’élaboration d’un plan de suivi et d’évaluation (S&E) plus structuré pour leurs initiatives de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB). Chaque composante peut être adaptée en fonction de la capacité locale, du contexte et des priorités.

Un plan de suivi et d’évaluation (S&E) est un court document qui décrit ce que vous souhaitez apprendre, comment vous mesurerez les progrès et comment les résultats seront utilisés pour renforcer les stratégies de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB). Il aide les partenaires à rester alignés, clarifie les attentes et favorise un apprentissage éthique, transparent et systématique. Un bon plan de S&E comprend :

  • Des questions claires de suivi, d’évaluation ou d’apprentissage (voir des exemples dans « Types et exemples de questions de S&E » ci-dessous)
  • Des indicateurs, des mesures et des informations sur les sources de données et les méthodes
  • Les rôles et responsabilités
  • Les échéanciers et les attentes en matière de communication et de rapports
  • Toute considération liée à l’équité, à l’éthique ou à la protection de la vie privée

Les plans de S&E doivent être concis, pratiques et faciles à mettre à jour à mesure que le travail évolue.

Type de question Objectif Exemples axés sur la CSWB
Questions de suivi Suivre les activités, les extrants et la portée afin de comprendre ce qui se passe en temps réel.
  • Combien de partenaires et de résidents ont participé à des initiatives spécifiques de CSWB ?
  • Les initiatives prévues sont-elles mises en œuvre selon l’échéancier et avec toutes les activités prévues ?
  • Les initiatives rejoignent-elles le nombre cible de résidents ? Comment cela varie-t-il selon les quartiers et les groupes sociodémographiques ?
  • Les niveaux de service augmentent-ils, diminuent-ils ou demeurent-ils les mêmes ?
Questions d’évaluation des processus Examiner comment le travail est réalisé et si la mise en œuvre se déroule comme prévu, avec la qualité attendue.
  • Dans quelle mesure les partenaires mettent-ils en œuvre de façon cohérente les initiatives CSWB prévues ?
  • Les participants aux initiatives CSWB se disent-ils satisfaits ? Estiment-ils que ces initiatives sont équitables et accessibles ?
  • Les parcours de référence entre services fonctionnent-ils comme prévu entre les organismes ?
  • Quels sont les principaux succès, défis et apprentissages tirés ?
Questions d’évaluation des résultats Évaluer les changements à court ou moyen terme pour les individus, les organisations ou les communautés.
  • Quels changements les résidents ou les partenaires ont-ils observés depuis la mise en œuvre ?
  • L’accès aux services s’améliore-t-il pour les populations en quête d’équité ?
  • Les facteurs de protection (p. ex., connexion, stabilité, confiance) augmentent-ils au fil du temps ?
Questions d’évaluation de l’impact Explorer les changements à plus long terme au niveau des systèmes, en lien avec les objectifs de la CSWB.
  • Comment l’initiative contribue-t-elle à la vitalité communautaire, à la sécurité ou au bien-être ?
  • Quels signes de changement systémique (p. ex., collaboration, investissements) émergent entre les partenaires ?
  • Les résultats correspondent-ils aux trajectoires prévues dans la théorie du changement ?
Questions d’évaluation des coûts / de l’efficacité Comprendre si les ressources sont utilisées de manière efficace et proportionnée.
  • Les bénéfices de cette initiative sont-ils proportionnels au temps et aux ressources investis ?
  • Existe-t-il des gains d’efficacité ou des chevauchements entre partenaires de services qui pourraient être corrigés ?
  • Comment les ressources pourraient-elles être optimisées sans compromettre l’équité ou l’inclusion ?
  1. S’engager dans une approche de changement transformationnel par un processus constant et itératif
    • Par « changement transformationnel » : rappelez-vous que ce travail consiste à s’attaquer aux causes profondes et repose sur des principes d’équité, de partage du pouvoir et de courage pour poursuivre des changements significatifs à long terme.
    • Par constant et itératif : rappelez-vous que ce travail peut sembler accablant au départ, mais que les plans de S&E sont conçus comme des documents évolutifs et itératifs, révisés au fil du temps. Reconnaissez qu’un engagement envers la constance et l’itération favorisera le mieux l’amélioration continue ; ne laissez pas la recherche de la perfection devenir l’ennemi du progrès.
    • Une fois l’approche clarifiée et partagée, l’étape suivante consiste à identifier les indicateurs clés qui serviront d’ancrage à votre plan de S&E.
  1. Identifier vos indicateurs « phares ».
    • Examinez les priorités et actions de votre plan CSWB ainsi que les conclusions de l’évaluation communautaire qui les ont éclairées ; celles-ci permettent d’identifier des indicateurs de référence à surveiller.
    • Consultez le modèle logique et/ou la théorie du changement que vous avez élaborés pour votre plan CSWB afin de vous assurer que les indicateurs reflètent les résultats souhaités. Cela permettra à vos efforts de S&E de rester alignés sur les trajectoires par lesquelles votre travail CSWB produit des impacts.
    • Réfléchissez aux données CSWB existantes ou aux signes de réussite qui résonnent déjà auprès de votre communauté et de vos partenaires.
    • Adoptez une approche intégrée en équilibrant les contributions descendantes (stratégiques ou gouvernementales) et ascendantes (dirigées par la communauté).
    • Envisagez d’utiliser l’Explorateur et personnalisateur d’indicateurs de cette trousse pour examiner un large éventail d’options d’indicateurs.
    • Créez une courte liste de 3 à 5 indicateurs phares pour commencer.
      Indicateurs phares — Un petit ensemble d’indicateurs à forte valeur ajoutée identifiés par une communauté pour refléter au mieux ses principales priorités en matière de CSWB. Ces indicateurs doivent être significatifs pour les partenaires communautaires et les décideurs, tout en étant faisables et fiables à suivre à court terme.
  2. Explorer d’autres indicateurs pour un développement futur.
    • Identifiez 5 à 8 indicateurs supplémentaires qui sont les plus importants pour les domaines prioritaires de la CSWB.
    • Marquez-les à l’aide d’une couleur ou d’un symbole différent afin de les distinguer comme indicateurs en cours d’examen ou de développement.
  3. Créer un cadre de développement des données.
    • Élaborez un tableau (modèle d’exemple ci-dessous) pour cartographier vos domaines prioritaires, les indicateurs, les mesures possibles et les sources de données potentielles. Cela aide à clarifier ce qui est réalisable immédiatement, ce qui nécessite des partenariats et ce qui peut être développé au fil du temps.
    • Envisagez d’équilibrer les indicateurs entre les données au niveau communautaire, des services et de la population.
    • Commencez par des mesures qui sont publiquement disponibles ou qui peuvent être collectées prochainement (voir l’Explorateur et personnalisateur d’indicateurs).
    • Il est normal de commencer avec une liste plus longue d’indicateurs et de mesures, puis de l’affiner au fil du temps.
    • Pour soutenir une approche axée sur l’équité qui capture les expériences vécues et actuelles, privilégiez les méthodes mixtes lorsque possible, en complétant les mesures quantitatives par :
      • Des cercles de partage
      • Des conversations communautaires
      • De courtes entrevues ou questions ouvertes
      • Des notes réflexives du personnel de première ligne ou des partenaires de pilotage
    • Envisagez d’ajouter des colonnes pour la propriété des données et leur statut (p. ex., en développement, en cours, mise à jour annuelle).
    • Les équipes disposant d’une plus grande capacité peuvent ajouter et décrire les rôles à l’aide d’une structure RACI (Responsable, Autorité, Consulté, Informé) et peuvent également envisager l’élaboration d’un plan de travail complémentaire.
  4. S’engager dans un processus d’apprentissage et d’amélioration continue.
    • À mesure que l’apprentissage progresse (sur les données utiles, ce qui soutient la prise de décision et ce que les membres de la communauté valorisent), ajustez et affinez votre plan de S&E. Ajoutez ou retirez des indicateurs et des mesures, mettez à jour les méthodes, intégrez les commentaires des partenaires et revisitez les priorités à mesure que votre capacité augmente.
    • Établissez un cycle de mise à jour qui correspond à la capacité de l’équipe, souvent annuel ou aligné avec les mises à jour du plan CSWB ou les cycles de production de rapports.

Il existe plusieurs façons d’élaborer des cadres de développement des données, selon les besoins de votre équipe ou de votre projet. Voir les exemples ci-dessous.

Modèle d’exemple de cadre de développement des données
Thème / priorité CSWB Sous-thème Indicateur Disponibilité des données Mesure Définition de la mesure Disponibilité au niveau de la population Disponibilité au niveau local Fréquence de collecte des données Personne / équipe responsable Statut
Vitalité communautaire Logement
Soins de santé
Éducation

Conseils et outils pour communiquer les résultats

Une communication claire et éthique permet de s’assurer que les résultats du suivi et de l’évaluation sont compris, crédibles et utilisés pour soutenir le changement. Cette section propose des conseils pratiques et des outils pour partager les résultats avec les partenaires, les membres de la communauté et les décideurs, de manière à favoriser l’alignement, soutenir l’apprentissage et renforcer l’appropriation communautaire.

Partager les résultats entre partenaires et secteurs permet de comprendre ce qui fonctionne, où des ajustements sont nécessaires et comment prioriser les prochaines étapes. Un partage transparent et éthique favorise l’alignement et la coordination entre les équipes et garantit que les données probantes éclairent de façon significative la prise de décisions collectives.

Présentez les résultats dans des formats accessibles et ancrés dans les réalités culturelles, comme des récits, des tableaux de bord, des résumés visuels et des cartes interactives, afin de favoriser la confiance et de soutenir une participation significative.

Quand ne pas partager les résultats Bien que la transparence soit importante, il existe des situations où le partage des résultats peut causer du tort ou de la confusion. Envisagez de suspendre, d’adapter ou de retarder la communication lorsque :
  • Risque de stigmatisation : Les résultats pourraient stigmatiser des personnes ou des groupes, en particulier des communautés en quête d’équité ou de petites populations.
  • Consentement ou autorisations peu clairs : Le consentement est incomplet ou incertain, particulièrement pour du contenu fondé sur des récits ou des données fournies par des partenaires.
  • Résultats préliminaires ou sensibles : Les résultats sont encore préliminaires, peuvent facilement être mal interprétés ou risquent d’être instrumentalisés à des fins politiques.
  • Absence de validation par la communauté : Les personnes les plus concernées n’ont pas eu l’occasion de confirmer l’exactitude, l’intention ou la pertinence culturelle des résultats.
  • Contextes à haut risque : Situations telles que des crises, des enquêtes ou des dynamiques communautaires sensibles où le partage pourrait aggraver les torts ou compromettre la confiance.
Une courte pause pour réévaluer la sécurité, la clarté et l’état de préparation peut protéger les relations et contribuer à une utilisation responsable des résultats.
Cherchez des occasions de partage bidirectionnel des leçons apprises à travers l’ensemble du paysage de la CSWB afin de contribuer à l’élaboration de stratégies plus cohérentes et fondées sur des données probantes. La participation au réseau des membres du CCCS est un excellent point de départ et comprend plusieurs des canaux efficaces ci-dessous :
  • Réseaux de pairs
  • Communautés de pratique
  • Partenaires provinciaux ou fédéraux
  • Rencontres sectorielles
  • Collaborations intermunicipales
Considérez les résultats comme une ressource partagée, appartenant aux communautés plutôt qu’aux organisations individuelles, afin de favoriser la transparence, la confiance et l’action collective. Intégrer les résultats dans les cycles de planification : Utilisez les résultats de l’évaluation pour mettre à jour les plans de CSWB, affiner les stratégies, éclairer les budgets et orienter les changements systémiques à long terme. Établissez un rythme régulier pour examiner les résultats (p. ex., trimestriellement ou annuellement) afin de maintenir une boucle d’amélioration continue, en veillant à ce que les plans demeurent réactifs, fondés sur des données probantes et alignés sur les priorités de la communauté.
Utilisez les résultats de l’évaluation pour mettre à jour les plans de CSWB, affiner les stratégies, éclairer les budgets et orienter les changements systémiques à long terme. Établissez un rythme régulier pour examiner les résultats (p. ex., trimestriellement ou annuellement) afin de maintenir une boucle d’amélioration continue, en veillant à ce que les plans demeurent réactifs, fondés sur des données probantes et alignés sur les priorités de la communauté.

Voir ci-dessous pour d’autres ressources liées aux communications :

Formats de communication courants

Format Description
Récits
  • Illustrer l’expérience vécue et le contexte
  • Transmettre les nuances et la complexité
  • Explorer différents types : individuels, composites ou agrégés
Tableaux de bord
  • Présenter des indicateurs, des chiffres et des tendances pouvant éclairer la planification, les propositions de financement et le développement de projets locaux
  • Soutenir des mises à jour régulières de manière publique et accessible et favoriser la responsabilisation
  • Mettre en évidence les tendances au fil du temps
Cartes interactives
  • Fournir des représentations géographiques des données démographiques et d’autres indicateurs
  • Présenter des résumés géographiques des ressources et services communautaires
Fiches d’information d’une page
  • Fournir des informations et implications concises sans analyse détaillée
  • Utiliser un langage clair et orienté vers l’action
  • Idéal pour une consultation rapide
Résumés visuels
(infographies, graphiques, cartes)
  • Rendre les résultats accessibles et faciles à comprendre
  • Éviter le jargon, assurer des étiquettes claires et inclure un bref aperçu contextuel
Rapports techniques
  • Présenter une vue d’ensemble complète du projet, incluant les objectifs, les méthodes, les résultats, les interprétations, les limites et les recommandations
  • Inclure des résumés exécutifs pour les lecteurs non spécialisés
  • Soutenir la responsabilisation et la transparence

Outil Explorateur et personnalisateur d’indicateurs

Utilisez cet outil pour explorer la liste complète des indicateurs et des mesures de la CSWB compilés pour cette boîte à outils, et pour créer une liste personnalisée à considérer dans votre communauté.

Cet outil est conçu pour aider à élaborer un plan de suivi et d’évaluation qui soutient l’apprentissage continu et l’amélioration en matière de sécurité et de bien-être communautaires (CSWB). Une approche à méthodes mixtes, combinant des données quantitatives et qualitatives, est recommandée.

Les communautés sont encouragées à tirer parti des données déjà disponibles aux niveaux régional, provincial ou national, et à explorer la collecte locale d’autres mesures au moyen de démarches de mobilisation, de sondages, des données administratives des partenaires et de méthodes fondées sur les récits.

Citation de la boîte à outils

Veuillez consulter ci-dessous l’information recommandée pour citer cette boîte à outils. Remarque : cette boîte à outils est une ressource évolutive qui continuera de croître et d’évoluer à mesure que notre équipe apprend, approfondit sa pratique et collabore avec les communautés. De légères incohérences peuvent apparaître; nous accueillons les commentaires avec intérêt et apporterons des mises à jour raisonnables selon nos capacités.
  • Centre canadien pour des communautés plus sûres. (2026). Boîte à outils de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine. Consulté le [insérer la date], à l’adresse suivante : https://ccfsc-cccs.ca/cusm/fr/.
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