Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS
Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS est une initiative nationale de 2,5 ans visant à renforcer les approches multisectorielles fondées sur les données pour la prévention du crime et la sécurité communautaire à travers le Canada. Financ é par le Fonds d’action en prévention du crime de Sécurité publique Canada, le projet met l’accent sur l’élaboration, la mise à l’essai et le partage d’outils pratiques de suivi et d’évaluation qui appuient un travail de sécurité communautaire fondé sur des données probantes et ancré dans les réalités locales, avec une attention particulière portée aux jeunes Noirs et Autochtones ainsi qu’à d’autres populations en quête d’équité.
Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS s’inspire de l’Urban Safety Monitor (USM), un cadre internationalement validé de mesure et de suivi de la sécurité communautaire. L’USM aide les communautés à suivre des indicateurs significatifs, à adapter les mesures aux réalités locales et à utiliser les données pour éclairer la prise de décision collaborative. Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS visait à adapter cet outil spécifiquement aux contextes canadiens (voir l’encadré 1).
Encadré 1
À propos du cadre Urban Safety Monitor (USM)
Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS vise à :
- Mettre à l’essai et étudier l’USM : Mettre à l’essai et étudier la mise en œuvre de l’Urban Safety Monitor (USM) mondial dans 10 communautés diverses à travers le Canada. Cela comprenait des soutiens et de l’accompagnement adaptés afin d’évaluer les risques et les avantages potentiels liés aux indicateurs pouvant suivre un cadre standardisé par rapport à ceux pouvant être adaptés pour être pertinents localement.
- Renforcer la capacité multisectorielle : Renforcer la capacité en suivi et évaluation dans des initiatives multisectorielles de prévention du crime et de sécurité communautaire dirigées par les communautés.
- Créer une communauté de pratique nationale : Créer un réseau national avec des objectifs et des intérêts communs pour explorer les réussites, les défis et les leçons apprises en matière de suivi, d’évaluation et de prise de décision fondée sur des données probantes dans le travail de CSWB.
- Faire progresser la mesure fondée sur les perspectives autochtones et l’équité : Établir des relations avec des partenaires autochtones afin de favoriser la compréhension des perspectives autochtones et des approches fondées sur l’équité dans la mesure de la sécurité communautaire.
- Développer des outils pratiques et des formations : Soutenir le développement d’outils utiles et accessibles, de formations et de produits de connaissance pour un groupe diversifié de praticiens locaux dans différents contextes.
Composantes clés du projet
1. Examen dirigé par des partenaires autochtones (années 1 à 3)
Revue de la littérature
Au début du projet, une revue de la littérature portant sur les perspectives autochtones et les ressources liées à la sécurité et au bien-être communautaires (CSWB) a été réalisée afin d’éclairer l’élaboration d’un cadre qui : (1) reflète la diversité des visions du monde, (2) atténue les biais coloniaux et évite la reproduction de préjudices, (3) intègre des mécanismes de protection pour les données, les récits et les savoirs autochtones, et (4) renforce la pertinence culturelle et la responsabilité relationnelle.
Cette revue a été menée par Jazlyn O’Bonsawin (CCFSC) avec la supervision d’Ann Marie Beals et de Livia Dittmer (Université Wilfrid Laurier). Voir la note de positionnalité de Jazlyn ci-dessous.
Cercles de partage et entretiens
En s’appuyant sur la revue de la littérature, le CCFSC et ses partenaires ont recueilli des perspectives auprès de membres de communautés autochtones afin de soutenir l’adaptation de l’USM aux contextes canadiens. Les activités de mobilisation se sont appuyées sur des relations existantes (souvent parallèlement à la planification de la CSWB) et ont été co-conçues avec les partenaires locaux afin de refléter les préférences communautaires, les échéanciers et les attentes culturelles. Les approches et protocoles d’engagement ont été approuvés par le comité d’éthique de l’Université Wilfrid Laurier.
L’animation reposait sur des questions larges et ouvertes portant sur la sécurité et les besoins communautaires, permettant aux participants d’orienter les discussions vers les aspects qu’ils jugeaient les plus importants.
Les enseignements tirés de ces échanges ont contribué à l’adaptation de l’USM et ont soutenu l’élaboration d’une définition autochtone de la sécurité, ancrée dans les quatre dimensions du mieux-être associées à la roue de médecine : le bien-être mental, physique, émotionnel et spirituel.
En savoir plus sur les cercles de partage
- 10 cercles de partage
- 5 entrevues individuelles
- Lieux : Winnipeg (MB), Kenora (ON), Campbell River (BC), Halifax et Truro (NS), Whitehorse (YT)
- Des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits
- Des résidents de milieux urbains et ruraux
- Des personnes ayant une expérience vécue et actuelle
- Des fournisseurs de services et des professionnels
- Des Aînés et des survivants des pensionnats
- Des personnes vivant dans le Grand Nord
- Co-conçus avec les partenaires communautaires, selon les préférences locales
- Souvent ouverts par une cérémonie de purification (smudging) et l’offrande de liens de tabac (lorsque approprié)
- Des options de consentement oral ou écrit ont été offertes
- Des honoraires ont été versés pour reconnaître le temps, les connaissances et les contributions
- Comment définiriez-vous la sécurité ?
- Dans votre communauté, qu’est-ce qui vous fait vous sentir en insécurité ?
- Dans votre communauté, qu’est-ce qui vous fait vous sentir en sécurité ?
- Quels changements vous aideraient à vous sentir plus en sécurité ?
2. Groupe consultatif (années 1 à 3)
Un groupe consultatif, comprenant des représentants du milieu universitaire, d’organisations non gouvernementales et des experts en la matière, a fourni :- Des orientations sur l’adaptation de l’USM, ainsi que sur les outils, les formations et l’évaluation connexes
- Des orientations sur l’intégration des composantes et considérations pertinentes du cadre de la sécurité humaine des Nations Unies
- Une rétroaction sur les résultats émergents
- Un appui aux échanges de connaissances
- Des perspectives sur la sécurité communautaire, l’équité et la collaboration multisectorielle
Les membres du groupe consultatif comprenaient :
- Alexandra Abello Colak (chercheuse associée) – London School of Economics and Political Science (R.-U.)
- Amy Siciliano (conseillère en sécurité publique) – Municipalité régionale d’Halifax
- Angela Vallely (conseillère principale en politiques) – Initiative de planification de la sécurité des communautés autochtones – Sécurité publique Canada
- Ann Champoux (directrice générale) – Centre international pour la prévention de la criminalité
- Ann Marie Beals (professeure adjointe) – Wilfrid Laurier University
- Anna Rau (directrice générale) – Forum germano-européen pour la sécurité urbaine
- Asma Kaouech (gestionnaire de programme) – Forum européen pour la sécurité urbaine
- Brooke Wharton (directrice générale par intérim) – Cities Revitalisation and Place, Cities and Active Transport (Australie)
- Emma de Villiers / Barbara Holtman – Fixed (Afrique du Sud)
- Humera Khan (présidente et cofondatrice) – Muflehun
- Irvin Waller (professeur émérite) – Université d’Ottawa
- Johannes (Joop) De Haan (responsable de la prévention du crime et de la justice pénale) – UNODC
- John Anzola Morales (conseiller de bureau) – Coexistence et justice de Bogotá, Secrétariat de la sécurité (Colombie)
- Macarena Rau Vargas (présidente) – Association internationale CPTED
- Nomusa Shembe (gestionnaire principale) – Municipalité d’eThekweni (Afrique du Sud)
- Rachel Locke (directrice) – Violence, Inequality and Power Lab & Peace in Our Cities (É.-U.)
- Santiago Uribe (directeur général) – Corporación Oficina de Resiliencia de Medellín (Colombie)
- Shamoy Hajare (responsable de la gestion de programmes) – Unité des droits de la personne et de l’inclusion sociale, Division mondiale du savoir et du plaidoyer (GKAD), ONU-Habitat
3. Échange de connaissances (années 1 à 3)
- Webinaires, réunions et échanges entre praticiens
- Articles et notes de pratique
- Une communauté de pratique des sites pilotes
- Des événements lors de conférences nationales, y compris la conférence annuelle du CCCS
- Deux formations nationales pour les praticiens (une en français, une en anglais)
4. Élaboration de la boîte à outils (années 2 à 3)
Une boîte à outils pratique pour soutenir les praticiens au Canada, comprenant :- Une introduction à l’outil USM adapté au contexte canadien
- Comment adapter les indicateurs à divers contextes locaux et autochtones
- Comment recueillir des données de manière respectueuse, significative et culturellement appropriée
- Des orientations et des outils de formation
- Des recommandations pour les communications et les rapports continus
5. Mise à l’essai pilote (années 2 à 3)
Dix communautés à travers le Canada mettent à l’essai l’USM avec le soutien du CCCS et des partenaires du projet. Les activités comprennent :- Une communauté de pratique virtuelle
- La mise en œuvre locale de pratiques de suivi et d’évaluation
- Des visites sur les sites et du mentorat
- Des adaptations fondées sur les rétroactions locales
- Le partage d’approches prometteuses entre les sites pilotes
6. Évaluation (années 1 à 3)
- Un cadre et des outils d’évaluation
- Une évaluation développementale continue tout au long de la mise à l’essai pilote
- Un rapport final d’évaluation résumant les résultats, les défis et les recommandations
Notes de positionnalité du personnel du projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS
Jazlyn O’Bonsawin (2026) : Je suis issue d’un héritage mixte portugais, irlandais et autochtone. Mon identité autochtone provient de mon grand-père maternel, à qui l’on a appris dès son jeune âge que le fait d’être autochtone était quelque chose dont il fallait avoir honte. Pour cette raison, il a toujours pris soin de cacher cette partie de lui-même. En raison de cette honte intériorisée, on ne m’a jamais beaucoup parlé des racines autochtones de ma famille. Je savais que j’étais autochtone, mais je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait. En grandissant, je suis devenue plus curieuse à propos de cette partie de moi-même et j’ai voulu en apprendre davantage. Depuis sept ans, je travaille à me reconnecter avec mon identité autochtone et à mieux comprendre ce que signifie être autochtone et comment cheminer avec cela de façon respectueuse. Au cours des trois dernières années, j’ai appris et grandi grâce à mon travail avec Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS. Je suis très reconnaissante pour tout ce que j’ai appris, mais je reconnais aussi que le processus de reconnexion et d’apprentissage ne se termine jamais, et qu’il me reste encore beaucoup à apprendre.
Jess McKeown (2026) : Je suis une femme colonisatrice hétérosexuelle, cisgenre, valide et agnostique, d’origine blanche et européenne (principalement irlandaise). J’ai vécu sur plusieurs territoires non cédés et terres visées par des traités, et je réside maintenant sur les territoires non cédés des Nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-Waututh). En tant que personne colonisatrice travaillant dans différents contextes à travers ce que l’on appelle aujourd’hui le Canada, sur des terres qui font partie de ce que de nombreux peuples autochtones appellent l’Île de la Tortue, je suis responsable de comprendre les impacts continus du colonialisme et de reconnaître comment mes nombreux privilèges façonnent mes perspectives. Je m’efforce de déconstruire les présupposés dominants, de faire de la place à diverses façons de connaître et d’aborder mon travail avec humilité, réflexion et ouverture aux rétroactions. Mes identités et mes expériences influencent la manière dont je bâtis des relations et dont je m’engage dans le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS. Je vise à contribuer de façon transparente, respectueuse et ancrée dans l’équité.
Remerciements
Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS et cette boîte à outils ont été rendus possibles grâce aux contributions collectives de nombreuses personnes et organisations. Nous exprimons nos sincères remerciements à toutes celles et ceux qui ont partagé leur temps, leurs connaissances et leur expérience tout au long de cette initiative de 2,5 ans.
Partenaires et contributeurs autochtones
Nous reconnaissons avec respect les membres des communautés autochtones, les Aîné·e·s, les gardiens et gardiennes du savoir, les jeunes et les fournisseurs de services qui ont participé aux cercles de partage, aux entrevues et aux activités d’engagement dirigées par les communautés. Leurs perspectives ont guidé l’élaboration d’une définition autochtone de la sécurité et ont ancré l’adaptation des indicateurs dans des contextes relationnels, culturels et communautaires.
Sites pilotes et partenaires communautaires
Nous remercions les dix communautés pilotes et leurs partenaires qui ont mis en œuvre l’USM adapté, offert des rétroactions et partagé des innovations locales. Leur participation a permis de s’assurer que la boîte à outils reflète la diversité des réalités communautaires à travers le Canada.
Groupe consultatif
Nous remercions chaleureusement les universitaires, praticiens et experts internationaux qui ont offert des conseils sur l’adaptation des indicateurs, la collaboration multisectorielle et l’échange de connaissances tout au long du projet.
Partenaires internationaux
Nous reconnaissons également les contributeurs internationaux qui ont partagé leur expertise sur la mesure de la sécurité urbaine et ont soutenu l’harmonisation avec les apprentissages internationaux tout en adaptant l’USM au contexte canadien.
Bailleurs de fonds et soutiens
Le projet a été soutenu par le Fonds d’action en prévention du crime de Sécurité publique Canada, ainsi que par des organisations partenaires qui ont offert du temps, des perspectives et des capacités tout au long du cycle du projet.
Équipe et capacité du CCCS
En tant que petit organisme à but non lucratif sans financement de base ni équipe dédiée aux communications, le CCCS s’est appuyé sur un effort collaboratif pour produire cette boîte à outils. De légères incohérences peuvent apparaître; nous accueillons volontiers les rétroactions et effectuerons des mises à jour raisonnables selon les capacités disponibles.
Reconnaissance du territoire
Ce travail a été façonné sur de nombreux territoires autochtones. Les membres de notre équipe vivent et travaillent sur les territoires des Algonquins Anishinaabe (Ottawa), des Kanien’kehá:ka (Montréal), des Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh (Vancouver), ainsi que des Mississauga, Anishinaabew et Attiwonderonk (Mitchell). Les sites pilotes et les conseillers ont contribué à partir de régions situées à travers ce que l’on appelle aujourd’hui le Canada et à l’international. Nous honorons les gardiens originels de ces terres et reconnaissons les impacts continus de la colonisation.