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Boîte à outils de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine

À propos du projet

Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS

Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS est une initiative nationale de 2,5 ans visant à renforcer les approches multisectorielles fondées sur les données pour la prévention du crime et la sécurité communautaire à travers le Canada. Financ é par le Fonds d’action en prévention du crime de Sécurité publique Canada, le projet met l’accent sur l’élaboration, la mise à l’essai et le partage d’outils pratiques de suivi et d’évaluation qui appuient un travail de sécurité communautaire fondé sur des données probantes et ancré dans les réalités locales, avec une attention particulière portée aux jeunes Noirs et Autochtones ainsi qu’à d’autres populations en quête d’équité.

Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS s’inspire de l’Urban Safety Monitor (USM), un cadre internationalement validé de mesure et de suivi de la sécurité communautaire. L’USM aide les communautés à suivre des indicateurs significatifs, à adapter les mesures aux réalités locales et à utiliser les données pour éclairer la prise de décision collaborative. Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS visait à adapter cet outil spécifiquement aux contextes canadiens (voir l’encadré 1).

Encadré 1

À propos du cadre Urban Safety Monitor (USM)

À la suite de l’adoption des 17 Objectifs de développement durable par les Nations Unies en 2015, les efforts visant à accroître le suivi de la sécurité afin de mesurer des indicateurs clés appuyant plusieurs de ces objectifs se sont intensifiés (p. ex., l’égalité entre les sexes (ODD 5), la réduction des inégalités (ODD 10) et la réduction de la violence (ODD 16)). En 2021, ONU-Habitat, EFUS, Fixed Africa et leurs partenaires ont développé l’Urban Safety Monitor (USM) afin d’aider les communautés du monde entier à suivre les résultats en matière de sécurité à l’aide d’indicateurs comparables et adaptables aux réalités locales. L’USM réunit une mesure systématique et des approches multisectorielles locales en soutenant l’adaptation des indicateurs aux contextes locaux, en démontrant l’impact du travail en matière de sécurité et en favorisant l’apprentissage entre pairs entre les communautés.

Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS vise à :

Composantes clés du projet

1. Examen dirigé par des partenaires autochtones (années 1 à 3)

Revue de la littérature

Au début du projet, une revue de la littérature portant sur les perspectives autochtones et les ressources liées à la sécurité et au bien-être communautaires (CSWB) a été réalisée afin d’éclairer l’élaboration d’un cadre qui : (1) reflète la diversité des visions du monde, (2) atténue les biais coloniaux et évite la reproduction de préjudices, (3) intègre des mécanismes de protection pour les données, les récits et les savoirs autochtones, et (4) renforce la pertinence culturelle et la responsabilité relationnelle.

Cette revue a été menée par Jazlyn O’Bonsawin (CCFSC) avec la supervision d’Ann Marie Beals et de Livia Dittmer (Université Wilfrid Laurier). Voir la note de positionnalité de Jazlyn ci-dessous.

Cercles de partage et entretiens

En s’appuyant sur la revue de la littérature, le CCFSC et ses partenaires ont recueilli des perspectives auprès de membres de communautés autochtones afin de soutenir l’adaptation de l’USM aux contextes canadiens. Les activités de mobilisation se sont appuyées sur des relations existantes (souvent parallèlement à la planification de la CSWB) et ont été co-conçues avec les partenaires locaux afin de refléter les préférences communautaires, les échéanciers et les attentes culturelles. Les approches et protocoles d’engagement ont été approuvés par le comité d’éthique de l’Université Wilfrid Laurier.

L’animation reposait sur des questions larges et ouvertes portant sur la sécurité et les besoins communautaires, permettant aux participants d’orienter les discussions vers les aspects qu’ils jugeaient les plus importants.

Les enseignements tirés de ces échanges ont contribué à l’adaptation de l’USM et ont soutenu l’élaboration d’une définition autochtone de la sécurité, ancrée dans les quatre dimensions du mieux-être associées à la roue de médecine : le bien-être mental, physique, émotionnel et spirituel.

Portée et lieux
  • 10 cercles de partage
  • 5 entrevues individuelles
  • Lieux : Winnipeg (MB), Kenora (ON), Campbell River (BC), Halifax et Truro (NS), Whitehorse (YT)
Participants La représentation comprenait :
  • Des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits
  • Des résidents de milieux urbains et ruraux
  • Des personnes ayant une expérience vécue et actuelle
  • Des fournisseurs de services et des professionnels
  • Des Aînés et des survivants des pensionnats
  • Des personnes vivant dans le Grand Nord
Séances et protocoles culturels
  • Co-conçus avec les partenaires communautaires, selon les préférences locales
  • Souvent ouverts par une cérémonie de purification (smudging) et l’offrande de liens de tabac (lorsque approprié)
  • Des options de consentement oral ou écrit ont été offertes
  • Des honoraires ont été versés pour reconnaître le temps, les connaissances et les contributions
Liste des questions guides utilisées lors des séances d’animation :
  • Comment définiriez-vous la sécurité ?
  • Dans votre communauté, qu’est-ce qui vous fait vous sentir en insécurité ?
  • Dans votre communauté, qu’est-ce qui vous fait vous sentir en sécurité ?
  • Quels changements vous aideraient à vous sentir plus en sécurité ?

2. Groupe consultatif (années 1 à 3)

Un groupe consultatif, comprenant des représentants du milieu universitaire, d’organisations non gouvernementales et des experts en la matière, a fourni :
  • Des orientations sur l’adaptation de l’USM, ainsi que sur les outils, les formations et l’évaluation connexes
  • Des orientations sur l’intégration des composantes et considérations pertinentes du cadre de la sécurité humaine des Nations Unies
  • Une rétroaction sur les résultats émergents
  • Un appui aux échanges de connaissances
  • Des perspectives sur la sécurité communautaire, l’équité et la collaboration multisectorielle
  • Alexandra Abello Colak (chercheuse associée) – London School of Economics and Political Science (R.-U.)
  • Amy Siciliano (conseillère en sécurité publique) – Municipalité régionale d’Halifax
  • Angela Vallely (conseillère principale en politiques) – Initiative de planification de la sécurité des communautés autochtones – Sécurité publique Canada
  • Ann Champoux (directrice générale) – Centre international pour la prévention de la criminalité
  • Ann Marie Beals (professeure adjointe) – Wilfrid Laurier University
  • Anna Rau (directrice générale) – Forum germano-européen pour la sécurité urbaine
  • Asma Kaouech (gestionnaire de programme) – Forum européen pour la sécurité urbaine
  • Brooke Wharton (directrice générale par intérim) – Cities Revitalisation and Place, Cities and Active Transport (Australie)
  • Emma de Villiers / Barbara Holtman – Fixed (Afrique du Sud)
  • Humera Khan (présidente et cofondatrice) – Muflehun
  • Irvin Waller (professeur émérite) – Université d’Ottawa
  • Johannes (Joop) De Haan (responsable de la prévention du crime et de la justice pénale) – UNODC
  • John Anzola Morales (conseiller de bureau) – Coexistence et justice de Bogotá, Secrétariat de la sécurité (Colombie)
  • Macarena Rau Vargas (présidente) – Association internationale CPTED
  • Nomusa Shembe (gestionnaire principale) – Municipalité d’eThekweni (Afrique du Sud)
  • Rachel Locke (directrice) – Violence, Inequality and Power Lab & Peace in Our Cities (É.-U.)
  • Santiago Uribe (directeur général) – Corporación Oficina de Resiliencia de Medellín (Colombie)
  • Shamoy Hajare (responsable de la gestion de programmes) – Unité des droits de la personne et de l’inclusion sociale, Division mondiale du savoir et du plaidoyer (GKAD), ONU-Habitat

3. Échange de connaissances (années 1 à 3)

  • Webinaires, réunions et échanges entre praticiens
  • Articles et notes de pratique
  • Une communauté de pratique des sites pilotes
  • Des événements lors de conférences nationales, y compris la conférence annuelle du CCCS
  • Deux formations nationales pour les praticiens (une en français, une en anglais)

4. Élaboration de la boîte à outils (années 2 à 3)

Une boîte à outils pratique pour soutenir les praticiens au Canada, comprenant :
  • Une introduction à l’outil USM adapté au contexte canadien
  • Comment adapter les indicateurs à divers contextes locaux et autochtones
  • Comment recueillir des données de manière respectueuse, significative et culturellement appropriée
  • Des orientations et des outils de formation
  • Des recommandations pour les communications et les rapports continus

5. Mise à l’essai pilote (années 2 à 3)

Dix communautés à travers le Canada mettent à l’essai l’USM avec le soutien du CCCS et des partenaires du projet. Les activités comprennent :
  • Une communauté de pratique virtuelle
  • La mise en œuvre locale de pratiques de suivi et d’évaluation
  • Des visites sur les sites et du mentorat
  • Des adaptations fondées sur les rétroactions locales
  • Le partage d’approches prometteuses entre les sites pilotes

6. Évaluation (années 1 à 3)

  • Un cadre et des outils d’évaluation
  • Une évaluation développementale continue tout au long de la mise à l’essai pilote
  • Un rapport final d’évaluation résumant les résultats, les défis et les recommandations

Notes de positionnalité du personnel du projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS

Jazlyn O’Bonsawin (2026) : Je suis issue d’un héritage mixte portugais, irlandais et autochtone. Mon identité autochtone provient de mon grand-père maternel, à qui l’on a appris dès son jeune âge que le fait d’être autochtone était quelque chose dont il fallait avoir honte. Pour cette raison, il a toujours pris soin de cacher cette partie de lui-même. En raison de cette honte intériorisée, on ne m’a jamais beaucoup parlé des racines autochtones de ma famille. Je savais que j’étais autochtone, mais je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait. En grandissant, je suis devenue plus curieuse à propos de cette partie de moi-même et j’ai voulu en apprendre davantage. Depuis sept ans, je travaille à me reconnecter avec mon identité autochtone et à mieux comprendre ce que signifie être autochtone et comment cheminer avec cela de façon respectueuse. Au cours des trois dernières années, j’ai appris et grandi grâce à mon travail avec Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS. Je suis très reconnaissante pour tout ce que j’ai appris, mais je reconnais aussi que le processus de reconnexion et d’apprentissage ne se termine jamais, et qu’il me reste encore beaucoup à apprendre.

Jess McKeown (2026) : Je suis une femme colonisatrice hétérosexuelle, cisgenre, valide et agnostique, d’origine blanche et européenne (principalement irlandaise). J’ai vécu sur plusieurs territoires non cédés et terres visées par des traités, et je réside maintenant sur les territoires non cédés des Nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-Waututh). En tant que personne colonisatrice travaillant dans différents contextes à travers ce que l’on appelle aujourd’hui le Canada, sur des terres qui font partie de ce que de nombreux peuples autochtones appellent l’Île de la Tortue, je suis responsable de comprendre les impacts continus du colonialisme et de reconnaître comment mes nombreux privilèges façonnent mes perspectives. Je m’efforce de déconstruire les présupposés dominants, de faire de la place à diverses façons de connaître et d’aborder mon travail avec humilité, réflexion et ouverture aux rétroactions. Mes identités et mes expériences influencent la manière dont je bâtis des relations et dont je m’engage dans le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS. Je vise à contribuer de façon transparente, respectueuse et ancrée dans l’équité.

Melanie Bania (2026) : Je suis une femme colonisatrice hétérosexuelle, cisgenre, valide et agnostique, issue d’un héritage mixte polonais et canadien-français. J’ai grandi dans une région rurale du nord de l’Ontario (Kapuskasing) et je réside maintenant sur les territoires traditionnels non cédés des Algonquins Anishinaabe, habités par le peuple algonquin depuis des millénaires. Je m’engage à comprendre les impacts continus du colonialisme et à reconnaître la responsabilité que j’ai de réfléchir à la manière dont mes privilèges façonnent mes perspectives. Mon approche repose sur un engagement sincère et intentionnel, la création de relations authentiques, ainsi qu’une présence marquée par la curiosité, le respect et l’humilité.
Stacey Colliver (2026) : Je suis une femme colonisatrice hétérosexuelle, cisgenre, valide et agnostique, issue d’un héritage blanc et européen. J’ai grandi à Stratford, en Ontario, où je réside toujours aujourd’hui, sur les terres des peuples Neutres (Attawandaron), Anishinaabe et Haudenosaunee. Je m’engage à comprendre les impacts continus du colonialisme et à réfléchir continuellement à la manière dont ces structures façonnent les contextes dans lesquels nous travaillons. Je m’efforce de demeurer responsable en reconnaissant comment mes propres privilèges et ma position sociale influencent les perspectives que j’apporte à la recherche. Par mon travail, je cherche à mieux comprendre les réalités et expériences vécues par les personnes au sein des communautés avec lesquelles nous collaborons, et à veiller à ce que ces perspectives orientent de manière significative le travail que nous réalisons. Je m’efforce d’intégrer cet engagement dans tous les aspects de ma pratique, tant dans mon rôle au CCCS que dans mon travail universitaire, en abordant la recherche avec le désir d’apprendre des connaissances et de l’expertise des communautés.

Remerciements

Le projet de suivi et d’évaluation de la sécurité communautaire et urbaine du CCCS et cette boîte à outils ont été rendus possibles grâce aux contributions collectives de nombreuses personnes et organisations. Nous exprimons nos sincères remerciements à toutes celles et ceux qui ont partagé leur temps, leurs connaissances et leur expérience tout au long de cette initiative de 2,5 ans.

Partenaires et contributeurs autochtones

Nous reconnaissons avec respect les membres des communautés autochtones, les Aîné·e·s, les gardiens et gardiennes du savoir, les jeunes et les fournisseurs de services qui ont participé aux cercles de partage, aux entrevues et aux activités d’engagement dirigées par les communautés. Leurs perspectives ont guidé l’élaboration d’une définition autochtone de la sécurité et ont ancré l’adaptation des indicateurs dans des contextes relationnels, culturels et communautaires.

Sites pilotes et partenaires communautaires

Nous remercions les dix communautés pilotes et leurs partenaires qui ont mis en œuvre l’USM adapté, offert des rétroactions et partagé des innovations locales. Leur participation a permis de s’assurer que la boîte à outils reflète la diversité des réalités communautaires à travers le Canada.

Groupe consultatif

Nous remercions chaleureusement les universitaires, praticiens et experts internationaux qui ont offert des conseils sur l’adaptation des indicateurs, la collaboration multisectorielle et l’échange de connaissances tout au long du projet.

Partenaires internationaux

Nous reconnaissons également les contributeurs internationaux qui ont partagé leur expertise sur la mesure de la sécurité urbaine et ont soutenu l’harmonisation avec les apprentissages internationaux tout en adaptant l’USM au contexte canadien.

Bailleurs de fonds et soutiens

Le projet a été soutenu par le Fonds d’action en prévention du crime de Sécurité publique Canada, ainsi que par des organisations partenaires qui ont offert du temps, des perspectives et des capacités tout au long du cycle du projet.

Équipe et capacité du CCCS

En tant que petit organisme à but non lucratif sans financement de base ni équipe dédiée aux communications, le CCCS s’est appuyé sur un effort collaboratif pour produire cette boîte à outils. De légères incohérences peuvent apparaître; nous accueillons volontiers les rétroactions et effectuerons des mises à jour raisonnables selon les capacités disponibles.

Reconnaissance du territoire

Ce travail a été façonné sur de nombreux territoires autochtones. Les membres de notre équipe vivent et travaillent sur les territoires des Algonquins Anishinaabe (Ottawa), des Kanien’kehá:ka (Montréal), des Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh (Vancouver), ainsi que des Mississauga, Anishinaabew et Attiwonderonk (Mitchell). Les sites pilotes et les conseillers ont contribué à partir de régions situées à travers ce que l’on appelle aujourd’hui le Canada et à l’international. Nous honorons les gardiens originels de ces terres et reconnaissons les impacts continus de la colonisation.